Quatre arguments à opposer au «Pari de Pascal»: objections, réfutation et renversement

Réduction de la portée du «Pari de Pascal»

Le Pari est réservé aux personnes qui admettent à priori les hypothèses suivantes:

  • l'âme humaine est immortelle;
  • des divinités nous observent et nous jugent, nous récompensent ou nous punissent;
  • nous pouvons influencer notre avenir dans l'au-delà par un comportement adéquat;
  • des rituels peuvent susciter les faveurs divines.

Pour ceux qui n'y souscrivent pas pleinement, il n'y a rien à sauver, rien à gagner, donc le Pari est sans objet.

Première objection

Réfutation

Vu que chacun, souvent par clan religieux, se fixe des dogmes propres dont aucun n'est universel, les croyants qui m'incitent à participer à leur «jeu» arbitraire ne sont pas crédibles.

Conclusion

Les éventualités qu'on ne peut exclure par une preuve sont si nombreuses et variées qu'on ne peut placer une mise que sur celles qui sont solidement étayées. Les autres doivent être délibérément ignorées.

La probabilité de l'existence d'un Dieu personnel est trop faible pour qu'il y ait un intérêt à s'investir en religion, et plus faible encore pour un Dieu qui nous aurait dicté des directives. Au pari de Pascal, le jeu n'en vaut pas la chandelle. On peut sans dommage renoncer à miser et s'éloigner de la table de jeu des croyances, car il est plus utile et plus constructif d'investir son temps et son énergie dans le domaine laïque.

La sagesse consiste à se détacher des utopies, c'est-à-dire à pratiquer l'indifférence religieuse.

Exploitation du Pari

Les endoctrineurs utilisent beaucoup la méthode du glissement: croire en Dieu implique - du moins veut-on nous le faire croire - d'adhérer au catholicisme, seule vraie foi. Et, contre toute logique, l'amalgame fonctionne : parce qu'elles croient en Dieu, beaucoup de personnes se sentent moralement obligées d'être chrétiennes. Il ne reste plus qu'à engager l'État à imprimer ces «vérités» dans l'esprit de tous les écoliers.

Épilogue

Et si, au lieu de parier sur Dieu, on pariait sur l'homme : l'humanisme hérité du siècle des Lumières, les droits de l'Homme, la démocratie et la recherche du bien commun ?
Et si on réservait notre engagement à ce qui est universel, à l'écart des chapelles ?
Et si on fondait l'enseignement, non sur l'autorité fût-elle d'Eglise, mais sur le développement du sens critique, de l'indépendance d'esprit et de l'autonomie intellectuelle, dans un cadre laïque ?
La raison ne serait-elle pas mieux servie ?

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